




« La culture est indissociable de l’attractivité, de la créativité et de la durabilité des villes et s’inscrit au cœur du développement urbain, comme en témoignent, au fil de l’histoire, les édifices d’intérêt culturel, le patrimoine et les traditions. Sans culture, les villes ne sauraient être des espaces dynamiques de vie et se réduiraient à de simples constructions de béton et d’acier, dans un environnement social en voie de dégradation. C’est bien la culture qui fait la différence. Mais comment, dès lors, pourrait-elle être mieux prise en compte pour que les politiques de planification urbaine durable soient plus efficaces ? »
UNESCO, Organisations des Nations Unies pour l’éducation et la culture/Objectifs (2016). Culture : futur urbain. Rapport mondial sur la culture pour le développement durable, p. 3.
Les territoires connaissent des transformations importantes qui ont des effets sur les biens collectifs : eau, air, biodiversité, paysages, patrimoine. C’est pourquoi l’aménagement du territoire est devenu un enjeu de première importance dans les plans stratégiques de développement pour les administrations publiques responsables de la gestion et de l’organisation du territoire.
S’appuyant sur les trois piliers fondamentaux que sont l’humain, l’écologie et l’économie, le développement durable offre une feuille de route pertinente pour limiter les effets négatifs de nos aménagements et pour construire dans la durée. Il nous invite à revoir nos approches en conception de site et nos orientations pour traduire de la durabilité dans les espaces habités.
« Laisse-moi te confier un secret. À chaque bâtiment que nous édifions, peu importe qu’il soit petit ou grand, imagine-toi simplement que sous les fondations se situe le centre de l’Univers »
Discours de l’architecte impérial du sultan Soliman à son apprenti (XVIe siècle), tiré de l’Architecte du sultan d’Éfif Shafak, Flammarion, 2015.
Le milieu bâti est un espace géographique, une « demeure » dont les fondations, poutres et piliers traduisent dans l’espace et le temps de la culture, soit du sens et de la différence.
Parce que nous souhaitons un environnement culturel durable, nous sommes appelés à titre de concepteur à promouvoir une approche qui va au-delà de la simple logique technicienne, c’est-à-dire qu’il nous faut :
Bref, il nous faut restaurer le vivre ensemble par la manière de bâtir et d’habiter, en considérant que la configuration du milieu bâti peut enrichir ou contraindre nos possibilités de réalisations collectives. Il nous faut donc comprendre la relation entre la forme construite du projet, les fonctions urbaines, son milieu d’insertion, soit les conditions spatiales de réalisations pour définir les solutions favorables à sa durabilité et enrichir par conséquent l’expérience urbaine.
« Les lieux et ce qui les remplit tireraient davantage leur sens de ce qu’ils nous offrent à devenir que de ce qu’ils nous donnent à faire hic et nunc. Là résiderait l’essence même de la ville. Celle-ci ne serait pas ce que nous en faisons ; elle serait ce à quoi elle nous destine »
G. Mercier (1997) Entre la science et la foi. CGQ : 11.